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Comme des poissons dans l’eau

01.01.1917
Original language : French

Cristina Capaccioli raconte sa grand-mère, Ilse Corff (1917-2011). Cette dernière a connu bien des épreuves avant d’entrer à la Commission européenne en 1958. Ancienne élève à l’École européenne (Bxls1), Cristina est aujourd'hui fonctionnaire européen.

Ilse Corff, ma grand-mère, est née dans le village de Kreuzenort en Allemagne le 22 mai 1917. Aujourd’hui, ce village de Haute-Silésie est en Pologne, près de la ville de Racibórz (Ratibor) à la frontière tchèque.
Son bac en poche, Ilse quitte son village pour Berlin. Elle suit des cours de français et d’anglais. Puis, elle part à Florence comme jeune fille au pair. En Italie, elle se marie. Enceinte, elle est rappelée à Kreuzenort au chevet de sa mère. Celle-ci s’éteint une semaine après son arrivée, suivie peu de temps après par son époux. Et puis la guerre éclate. Il n’est plus temps pour Ilse de rentrer à Florence dans son état. Manfred, mon père, né le 16 novembre 1939. Ilse retourne à Florence avec l’enfant, sans se douter qu’elle ne reverra pas la maison familiale. En Italie, elle donne naissance à deux autres enfants qui mourront en bas âge.
En 1957, Ilse retourne en Allemagne avec mon père. Elle est traductrice à Düsseldorf, lorsqu’elle tombe sur une annonce. Et, le 1er novembre 1958, Ilse entre à la Commission. Elle se sent immédiatement comme un poisson dans l’eau parmi ses collègues de toute l’Europe.
Un jour, près du Rond-Point Schuman, une dame l’arrête : « N’êtes-vous pas de Ratibor ? ». Pour une coïncidence ! « Traute », l’amie d’enfance, travaille aussi pour l’Europe. Traute a une jeune sœur, Herta. Entre Manfred et Herta, c’est le coup de foudre. Ils auront deux enfants, mon frère Renato et moi. La vie de mes parents sera brève. Je serai élevée par ma grand-mère. Après des études de traduction, je n’ai qu’une idée : découvrir le monde. Mais la nostalgie de Bruxelles me rattrape. En 2005, je réussis un concours. Et à 40 ans passés, j’intègre la Commission.

Cette histoire fait partie du projet éditorial « L’Esprit de Rome ». C'est le récit d'un idéal de paix, à travers l'histoire de la première génération de fonctionnaires européens. Contée par leurs enfants, c'est l'histoire de celles et ceux qui ont été les chevilles ouvrières de l’Europe.

Cristina Capaccioli raconte sa grand-mère, Ilse Corff (1917-2011). Cette dernière a connu bien des épreuves avant d’entrer à la Commission européenne en 1958. Ancienne élève à l’École européenne (Bxls1), Cristina est aujourd'hui fonctionnaire européen.

Ilse Corff, ma grand-mère, est née dans le village de Kreuzenort en Allemagne le 22 mai 1917. Aujourd’hui, ce village de Haute-Silésie est en Pologne, près de la ville de Racibórz (Ratibor) à la frontière tchèque.
Son bac en poche, Ilse quitte son village pour Berlin. Elle suit des cours de français et d’anglais. Puis, elle part à Florence comme jeune fille au pair. En Italie, elle se marie. Enceinte, elle est rappelée à Kreuzenort au chevet de sa mère. Celle-ci s’éteint une semaine après son arrivée, suivie peu de temps après par son époux. Et puis la guerre éclate. Il n’est plus temps pour Ilse de rentrer à Florence dans son état. Manfred, mon père, né le 16 novembre 1939. Ilse retourne à Florence avec l’enfant, sans se douter qu’elle ne reverra pas la maison familiale. En Italie, elle donne naissance à deux autres enfants qui mourront en bas âge.
En 1957, Ilse retourne en Allemagne avec mon père. Elle est traductrice à Düsseldorf, lorsqu’elle tombe sur une annonce. Et, le 1er novembre 1958, Ilse entre à la Commission. Elle se sent immédiatement comme un poisson dans l’eau parmi ses collègues de toute l’Europe.
Un jour, près du Rond-Point Schuman, une dame l’arrête : « N’êtes-vous pas de Ratibor ? ». Pour une coïncidence ! « Traute », l’amie d’enfance, travaille aussi pour l’Europe. Traute a une jeune sœur, Herta. Entre Manfred et Herta, c’est le coup de foudre. Ils auront deux enfants, mon frère Renato et moi. La vie de mes parents sera brève. Je serai élevée par ma grand-mère. Après des études de traduction, je n’ai qu’une idée : découvrir le monde. Mais la nostalgie de Bruxelles me rattrape. En 2005, je réussis un concours. Et à 40 ans passés, j’intègre la Commission.

Cette histoire fait partie du projet éditorial « L’Esprit de Rome ». C'est le récit d'un idéal de paix, à travers l'histoire de la première génération de fonctionnaires européens. Contée par leurs enfants, c'est l'histoire de celles et ceux qui ont été les chevilles ouvrières de l’Europe.

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