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Dernière intervention de John Hume devant le Parlement européen (2004)

04.05.2004
Original language : French

En mai 2004, John Hume, prix Nobel de la paix 1998, intervient pour la dernière fois devant le Parlement européen. Voici son discours.

Monsieur le Président, je le regrette sincèrement, mais c’est là ma dernière intervention devant ce Parlement, où j’ai siégé pendant les 25 dernières années. [...]
J’ai également une grande dette envers ce Parlement et envers Strasbourg en ce qui concerne ma réflexion personnelle. Je raconte toujours l’anecdote de mon arrivée ici, en 1979. Je suis allé me promener de l’autre côté du pont menant de Strasbourg, en France, à Kehl, en Allemagne, et j’ai fait une halte pour réfléchir. J’ai pensé que si je m’étais trouvé là 30 ans plus tôt à la fin de la Seconde Guerre mondiale − le pire demi-siècle de l’histoire du monde, au cours duquel 50 millions d’êtres humains ont été tués − et m’étais dit: ‘Ne t’inquiète pas, c’est fini tout ça, ils seront bientôt à nouveau unis’, on m’aurait envoyé chez un psychiatre. Mais cela s’est bel et bien produit, et c’est une chose à laquelle l’Union européenne n’accorde à mes yeux pas assez d’attention. [...]
Je sais de quoi je parle quand je dis cela, parce que les trois principes dont procède l’Union européenne sont exactement les mêmes que les trois principes qui sous-tendent notre accord spécial en Irlande du Nord. Premier principe : le respect de la différence. Tout conflit se fonde sur la différence, que ce soit en matière de race, de religion ou de nationalité. L’attitude à adopter envers la différence, c’est de la respecter, parce qu’elle est un accident de naissance.
Deuxième principe : des institutions qui respectent les différences. Tous les États membres sont représentés au Conseil de ministres, à la Commission européenne et au Parlement européen.
Le troisième principe, et le plus important, est ce que j’appelle le processus de guérison. Les pays impliqués ont collaboré dans leurs intérêts conjoints − pour le développement économique, par exemple, en versant leur sueur et non pas leur sang.ˮ (John Hume, 4 mai 2004.)

En mai 2004, John Hume, prix Nobel de la paix 1998, intervient pour la dernière fois devant le Parlement européen. Voici son discours.

Monsieur le Président, je le regrette sincèrement, mais c’est là ma dernière intervention devant ce Parlement, où j’ai siégé pendant les 25 dernières années. [...]
J’ai également une grande dette envers ce Parlement et envers Strasbourg en ce qui concerne ma réflexion personnelle. Je raconte toujours l’anecdote de mon arrivée ici, en 1979. Je suis allé me promener de l’autre côté du pont menant de Strasbourg, en France, à Kehl, en Allemagne, et j’ai fait une halte pour réfléchir. J’ai pensé que si je m’étais trouvé là 30 ans plus tôt à la fin de la Seconde Guerre mondiale − le pire demi-siècle de l’histoire du monde, au cours duquel 50 millions d’êtres humains ont été tués − et m’étais dit: ‘Ne t’inquiète pas, c’est fini tout ça, ils seront bientôt à nouveau unis’, on m’aurait envoyé chez un psychiatre. Mais cela s’est bel et bien produit, et c’est une chose à laquelle l’Union européenne n’accorde à mes yeux pas assez d’attention. [...]
Je sais de quoi je parle quand je dis cela, parce que les trois principes dont procède l’Union européenne sont exactement les mêmes que les trois principes qui sous-tendent notre accord spécial en Irlande du Nord. Premier principe : le respect de la différence. Tout conflit se fonde sur la différence, que ce soit en matière de race, de religion ou de nationalité. L’attitude à adopter envers la différence, c’est de la respecter, parce qu’elle est un accident de naissance.
Deuxième principe : des institutions qui respectent les différences. Tous les États membres sont représentés au Conseil de ministres, à la Commission européenne et au Parlement européen.
Le troisième principe, et le plus important, est ce que j’appelle le processus de guérison. Les pays impliqués ont collaboré dans leurs intérêts conjoints − pour le développement économique, par exemple, en versant leur sueur et non pas leur sang.ˮ (John Hume, 4 mai 2004.)