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François Mitterrand : “Le nationalisme c'est la guerre !”

01.17.1995
Original language : French
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Dernier discours du president François Mitterrand devant le Parlement européen

Ma génération achève son cours, ce sont ses derniers actes. C’est l’un de mes derniers actes publics. Il faut donc absolument transmettre. Vous avez, vous-mêmes, vous êtes nombreux à garder l’enseignement de vos pères, à avoir éprouvé les blessures de vos pays, à avoir connu le chagrin, la douleur des séparations, la présence de la mort tout simplement par l’inimitié des hommes d’Europe entre eux. Il faut transmettre, non pas cette haine mais au contraire, la chance des réconciliations que nous devons, il faut le dire, à ceux qui, dès 1944, 1945, eux-mêmes ensanglantés, déchirés dans leur vie personnelle, le plus souvent, ont eu l’audace de concevoir ce que pourrait être un avenir plus radieux qui serait fondé sur la réconciliation et sur la paix. C’est ce que nous avons fait. [...] Il faut vaincre ces préjugés, ce que je vous demande là est presque impossible car il faut vaincre notre histoire et pourtant, si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera, Mesdames et Messieurs. Le nationalisme c’est la guerre ! La guerre, ce n’est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir. Et c’est nous, c’est vous, Mesdames et Messieurs les députés, qui êtes désormais les gardiens de notre paix, de notre sécurité et de cet avenir, merci.” (François Mitterrand, Président de la République française, intervention en session plénière du Parlement européen, 17 janvier 1995.)

Dernier discours du president François Mitterrand devant le Parlement européen

Ma génération achève son cours, ce sont ses derniers actes. C’est l’un de mes derniers actes publics. Il faut donc absolument transmettre. Vous avez, vous-mêmes, vous êtes nombreux à garder l’enseignement de vos pères, à avoir éprouvé les blessures de vos pays, à avoir connu le chagrin, la douleur des séparations, la présence de la mort tout simplement par l’inimitié des hommes d’Europe entre eux. Il faut transmettre, non pas cette haine mais au contraire, la chance des réconciliations que nous devons, il faut le dire, à ceux qui, dès 1944, 1945, eux-mêmes ensanglantés, déchirés dans leur vie personnelle, le plus souvent, ont eu l’audace de concevoir ce que pourrait être un avenir plus radieux qui serait fondé sur la réconciliation et sur la paix. C’est ce que nous avons fait. [...] Il faut vaincre ces préjugés, ce que je vous demande là est presque impossible car il faut vaincre notre histoire et pourtant, si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera, Mesdames et Messieurs. Le nationalisme c’est la guerre ! La guerre, ce n’est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir. Et c’est nous, c’est vous, Mesdames et Messieurs les députés, qui êtes désormais les gardiens de notre paix, de notre sécurité et de cet avenir, merci.” (François Mitterrand, Président de la République française, intervention en session plénière du Parlement européen, 17 janvier 1995.)